BRENOT Emile Henry

BRENOT Emile Henri

¤ 25 février 1893 à Pagny-la-Ville (Côte-d’Or)
† 10 mai 1915 à Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais)
Aspirant – 109e régiment d’infanterie – 22 ans
Tué à l’ennemi
Mort pour la France

‘Est resté à son poste à côté de ses hommes au moment du bombardement. A été tué.’

Acte de naissance

N°11

Naissance
de
Emile Henry Brenot

L’an mil-huit-cent quatre-vingt-treize le vingt-six février à onze heures du matin par devant nous Albert Bergerot, maire, officier de l’état civil de la commune de Pagny-la-Ville, canton de Seurre, Côte-d’Or, a comparu Jean Baptiste Emile Brenot, âgé de cinquante-six ans, maçon domicilié dans la présente commune lequel nous a déclaré qu’hier vingt-cinq février courant à onze heures du soir, en son domicile sis à Pagny-la-Ville et du mariage contracté au même lieu le vingt-un septembre mil-huit-cent quatre-vingt-deux entre lui déclarant et Marie Adèle Ratelot âgée de trente ans, sans profession demeurant avec lui il lui est né un enfant du sexe masculin qu’il nous présente et auquel il déclare donner les prénoms de Emile Henry. Les dites déclaration et présentation faites en présence de Georges Gelot âgé de vingt-neuf ans instituteur et de Claude Joseph Perrin âgé de soixante-trois ans, garde-champêtre, tous les deux domiciliés à Pagny-la-Ville. Et ont le déclarant père de l’enfant et les témoins signé avec nous le présent acte que nous avons rédigé à la mairie en leur présence et dont il leur a été donné lecture.
[Signature] Gelot / Perrin / Brenot Emile / A. Bergerot

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Fiche matricule

Décédé
Nom : Brenot
Prénoms : Emile Henry
Surnoms : _
Numéro matricule du recrutement : 1071.
Classe de mobilisation : 1913.


État civil :

Né le 25 février 1893, à Pagny-la-Ville, canton de Seurre, département de Côte-d’Or, résidant à Arnay-le-Duc, canton dudit, département de Côte-d’Or, profession d‘instituteur, fils de Jean Baptiste Emile et de Ratelot Marie Adèle domiciliés à Pagny-la-Ville, canton de Seurre, département de Côte-d’Or.

Marié à _.


Signalement :

Cheveux châtains, Yeux châtains,
Front moyen, Nez rectiligne,
Visage _, Renseignements physionomiques
complémentaires :
_
Taille : 1mètre67 centimètres
Taille rectifiée :
1mètre_ centimètres.
Marques particulières : _
Degré d’instruction générale : 4.


Décision du conseil de révision et motifs :

Inscrit sous le n°11 de la liste du canton de Seurre.
Classé dans la 1e partie de la liste en 1913


Corps d’affectation / Numéros au contrôle spécial – matricule ou au répertoire

Dans l’armée active : 109e Régiment d’infanterie – 8499
Disponibilité et réserve de l’armée active : _
Armée territoriale et sa réserve : _.


Détail des services et mutations diverses.

Incorporé à compter du 28 novembre 1913. Arrié au corps le 29 novembre 1913. Caporal le 24 avril 1914. Sergent le 10 novembre 1914. Aspirant le 24 janvier 1915 pour compter du 24 décembre 1914. Tué à l’ennemi le 10 mai 1911 à Notre-Dame-de-Lorette (Pas de Calais). Rayé le 30 novembre 1915..


Antécédents judiciaires et condamnations

_.

Campagnes

Contre l’Allemagne du 2 août 1914 au 10 mai 1915.

Blessures, citations, décorations, etc.

Citation à l’ordre de la 13e Division, ordre n°102 du 5 juin 1915.
“Le 10 mai aux combats de Lorette, est resté à son poste à côté de ses hommes au moment du bombardement. A été tué.
En compagne depuis le début des hostilités”.
.


Localités successives habitées
par suite de changements de domicile ou de résidence

Dates / Communes / Subdivisions de région / D : Domicile, R : Résidence

_.


Périodes d’exercices

Réserve : 1re dans le_, du _ au _.
– 2e dans le_, du _ au _.
– Supplémentaire dans le_, du _ au _.
Armée territoriale : 1re dans le_, du _ au _.
– Supplémentaire dans le_, du _ au _.
Spéciales aux hommes du service de garde des voies de communication :_.


Époque à laquelle l’homme doit passer dans :

La réserve de l’armée active :_
L’armée territoriale :_
La réserve de l’armée territoriale : _
Date de la libération du service militaire :_

Sans dossier
Mis à jour le 5 août 1958. Le Capitaine Py chef de la 2e section.

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Journal des marches et opérations du 109e régiment d’infanterie

Notre-Dame-de-Lorette, commune d’Ablain-Saint-Nazaire, un nom qui laisse encore aujourd’hui claironner le nom de 180 000 soldats français et allemands morts sur ou pour cette colline et son plateau, excellente position surplombant le bassin d’Arras. D’octobre 1914 à octobre 1915, les troupes françaises et allemandes luttent férocement pour prendre ou défendre cette colline. Le 109e régiment d’infanterie arrive dans le secteur au début du mois de mars. Les soldats se battent pour un boyau, une tranchée, pour quelques mètres de terrain. Ce terrain est très difficile, surtout pour les assaillants car il est accentué et, en hiver et au printemps, boueux. De plus, les fortifications et défenses allemandes sont formidables. Le 15 avril 1915, l’aspirant Brenot, qui appartient à la 4ème compagnie, participe à la prise d’une position, dite Y, sur le Grand Eperon (partie saillante d’un relief montagneux ou d’une colline). Cela vaut à ces deux unités d’être félicitées par le général Maistre et d’obtenir une citation à l’ordre de l’armée (voir la partie données additionnelles).

Plan de l’offensive française du 9 mai 1915, montrant la direction générale de l’attaque. Notre-Dame-de-Lorette se trouve dans la partie nord de la carte(1).
Cliquer pour agrandir

Le 9 mai 1915 doit commencer une grande offensive française, portée par 7 corps d’armée français et un corps britannique. C’est la seconde bataille de l’Artois. Depuis ses positions tenues sur la colline de Lorette, le régiment et le reste de la 26e brigade doit soutenir les autres unités en attaque, principalement la 25e brigade, en prévenant notamment toute contre-attaque allemande pouvant venir d’Ablain-Saint-Nazaire, en contrebas. Ces attaques sont particulièrement violentes. L’historique du 109e régiment brosse le tableau suivant du plateau suite à l’attaque du 9 mai : « Le plateau est un immense chaos de boue et d’eau. Les boyaux sont impraticables, les tranchées planchées et cloisonnées de cadavres »(5). Cette offensive se poursuit pendant les jours qui suivent et devra se solder sans avancée notoire pour aucun des deux camps.

Dessin issu d’Excelsior représentant les éperons de Notre-Dame-de-Lorette vue par le Sud-Ouest en 1915(2).
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Entrées du 8 au 10 mai :

8 mai
L’offensive générale de la Xe Armée est fixée au 9 mai. 8 compagnies sont maintenues dans les tranchées : 2 aux Arabes-Spahis, 4 au Grand Eperon, 1 à Mathis, 1 en réserve. – Le 3e bataillon est en réserve de division à Petit-Servins.
Pendant la nuit, les troupes d’attaque de la 25e brigade prennent leurs emplacements de départ : une compagnie du 20e bataillon de chasseurs à pied vient occuper momentanément la tranchée Est des Arabes à la place de la 7e compagnie du 109e régiment d’infanterie qui se porte aux Spahis.

9 mai
La mission du Régiment est de couvrir l’attaque de la 25e brigade en tenant sous son feu les lisières Nord d’Ablain-Saint-Nazaire afin de prévenir toute contre-attaque.
A 10h, après une préparation d’artillerie d’une durée de 4h, les troupes d’attaque se portent en avant.
La 7e compagnie du 109e régiment d’infanterie reprend sa place et se met immédiatement à établir la liaison par boyau avec les Chasseurs qui se sont avancés jusqu’au point Q.
A 14H, ordre est donné au 3e bataillon de venir à la Maison Forestière où il passe la nuit.

10 mai
Le 2e bataillon relevé aux tranchées par le 3e vient à la Maison Forestière.
Bombardement ennemi sur tout le secteur, en particulier sur les Arabes Spahis : 5 tués dont l’adjudant Giletta, 15 blessés.
Dans la soirée, un peloton de la 9e compagnie occupe la nouvelle tranchée entre le fortin des Arabes et la tranchée allemande conquise par les troupes de la 25e brigade.
Nuit calme.
(Voir état de pertes du 1e au 10 mai – Dossier B – Annexe 26)

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Décès

N°56

Transcription de décès
de
Brenot Emile-Henry
célibataire

Du 25 juillet 1915

L’an mil-neuf-cent-quinze le vingt-deux du mois de mai étant à Beugin (Pas-de-Calais).
Acte de décès de Brenot Emile-Henry aspirant au 109e régiment d’infanterie immatriculé sous le numéro 8499 né le vingt-cinq février mil-huit-cent-quatre-vingt-treize à Pagny-la-Ville, canton de Seurre département de la Côte-d’Or domicilié en dernier lieu à Arnay-le-Duc (Côte-d’Or) décédé à Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais) le dix du moi de mai sur le champ de bataille, fils de Jean Baptiste Emile et de Ratelot Marie Adèle domiciliés à Pagny-la-Ville canton de Seurre département de la Côte-d’Or. Conformément à l’article 77 du Code Civil nous nous sommes transporté auprès de la personne décédée et assuré de la réalité du décès. Dressé par nous Brousse Gustave Urbain Lieutenant au 109e officier de l’Etat Civil sur la déclaration de Lecauchois Fernand Alfred caporal au 109e et de Beraud Léon Antoine caporal au 109e d’infanterie qui ont signé avec nous après lecture.
Suivent les signatures.
Vu par nous Laurent Pierre sous intendant militaire pour légalisation de la signature de M. Brousse sus-qualité.
(Signe : Laurent)
Vu pour légalisation de la signature de M. Brousse Gustave Urbain, Paris le 3 juillet 1915. Le Ministre de la Guerre par délégation, le chef du Bureau des Archives administratives, signé : illisible.
L’acte de décès ci-dessous a été transcrit le vingt-cinq juillet mil-neuf-cent-quinze à dix heures du matin par nous Nicolas Justin Hutin, maire d’Arnay-le-Duc.
[Signature] Hutin

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Données additionnelles

Emile Brenot est, pendant un court temps, instituteur-adjoint à l’école primaire supérieure d’Arnay-le-Duc. Il était certainement encore élève stagiaire quand il est appelé au service militaire à la fin novembre 1913 (il a alors 20 ans). Il est remplacé par M. Chevalier(3).

Un article de presse nous apprend qu’Emile Brenot a obtenu une première citation, à l’ordre du régiment, suite aux actions d’avril 1915 auxquelles il prend part, qui n’est pas mentionnée dans sa fiche matricule. Est transcrit de cet article la partie concernant Emile Brenot.

Pagny-la-Ville. – Deux braves. – L’aspirant Emile Brenot, instituteur, mort pour la France, aux combats de Lorette, vient d’être l’objet des deux citations suivantes :
1° Le lieutenant-colonel commandant le 109e régiment d’infanterie, cite à l’ordre du régiment l’aspirant Emile Brenot, 4e compagnie : « Etait présent à l’affaire du Grand-Eperon, le 15 avril 1915 ; s’y est fait remarquer et a contribué, par sa belle conduite, à faite citer son unité à l’ordre de l’armée ».
2° Le général commandant la 13e division d’infanterie, cite à l’ordre de la division l’aspirant Brenot du 109e : « Le 13 mai*, aux combats de Lorette, est resté à son poste à côté de ses hommes ; au moment du bombardement, a été tué. En compagne depuis le début des hostilités ».
[…]

(4)

* Il s’agit du 10 mai, et non du 13.

La citation de son unité la 4e compagnie, mentionnée, peut être trouvée dans l’historique du 109e régiment d’infanterie :

Les 1re et 4e Compagnies, les sections de grenadiers reçoivent une citation à l’ordre de l’Armée, avec le motif suivant :

« Le 15 Avril, ont exécuté, avec une ardeur et une bravoure hors de pair, une attaque dirigée contre des tranchées allemandes très fortement organisées, s’en sont brillamment emparées en y faisant de nombreux prisonniers et en ont maintenu la possession, malgré trois vigoureuses contre-attaques et un bombardement d’une extrême violence. »

(5)

Emile Brenot est également commémoré sur le monument aux morts de Pagny-la-Ville, ainsi que sur la stèle commémorative de l’IUFM (Institut universitaire de formation des maîtres, aujourd’hui Institut national supérieur du professorat et de l’éducation) de Dijon, en compagnie de son camarade instituteur François Croci.

Il sert dans le même régiment que le pâtissier François Dardier, tué à l’ennemi dès le 19 août 1914, et l’ébéniste Ruffino, tué en juin 1917.

Carte

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Sources

  • A. D. de la Côte-d’Or, état civil numérisé, Pagny-la-Ville 1891 – 1900 (FRAD021EC 473/016), Brenot Emile Henry, n°1, 1893, vue 72/282.
  • A.D. de la Côte-d’Or, recrutement militaire (1867-1940), classe 1913, bureau d’Auxonne (R 2497), vue 128/614.
  • S.H.D, Mémoire des Hommes, Journaux des marches et opérations des corps de troupe, 109e régiment d’infanterie (26 N 690/2), vues 33-34/94.
  • A.D. de la Côte-d’Or, état civil numérisé, Arnay-le-Duc 1911 – 1915 (FRAD021EC 26/040), Brenot Emile Henry (transcription), n°56, 1915, vues 246-47/271.
  • (1) (10 avril 1917), « Les quatre principaux éperons du plateau de Notre-Dame-de-Lorette », in Excelsior, p. 1/6 [En ligne] Disponible sur Retronews.
  • (2) Le Maner, Yves (s.d.), « La seconde bataille d’Artois (9 mai – juin 1915) » in Chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas-de-Calais [En ligne] (consulté le 29 mars 2022).
  • (3) (8 décembre 1913), « Instruction publique », in Le Progrès de la Côte-d’Or, p. 3/6 [En ligne] Disponible sur Retronews.
  • (4) (8 mai 1916), « Pagny-la-Ville, deux braves » in Le Progrès de la Côte-d’Or, p. 3/4 [En ligne] Disponible sur Retronews.
  • (5) (s.d.), Historique du 109e Régiment d’Infanterie. Campagne 1914 – 1918, Luxeuil, impr. A.F. Faivre d’Arcier, p. 30 [En ligne] Disponible sur la bibliothèque numérique de La contemporaine.